Tout le monde n'est pas de cet avis. En tout cas, pas les gens du Mega CGR qui n'ont eu aucun scrupule hier soir à faire poireauter tout le monde pendant une demi-heure pour rien avant la séance de 22h15 de Harry Potter et la Coupe de Feu. Pour une fois, rien ne servait d'arriver en avance au cinéma. A 22h45, le dernier spectateur de la séance précédente sort enfin et l'on se prépare à bousculer et piétiner son prochain façon soldes de grands magasins pour être le premier dans la salle. Après la bande annonce du Monde de Narnia et quelques pubs pour NRJ Mobile dont tout le monde se foutait forcément éperdument, le film commence.
Une critique du film est-elle réellement utile ? En résumé : ceux qui n'ont pas supporté les coupes dans le récit et les ellipses iront relire le livre, les autres seront contents. Un peu moins de style que Le prisonnier d'Azkaban, mais plus d'histoire. Alors que les énormes raccourcis du film de Cuaron donnaient l'impression qu'il ne se passait rien et que l'ambiance était finalement beaucoup plus légère que sombre, La coupe de feu rattrape le coup en étoffant les personnages tout en ne sacrifiant pas trop à l'histoire. Parmi les déceptions personnelles, je garderai l'espoir d'une version longue où l'on verrait plus d'une demi-seconde Jarvis Cocker, le génial ex-leader du génial groupe Pulp (un de mes groupes préférés) qui incarne (si on peut dire) dans le film le chanteur du groupe de rock qui anime la seconde partie du bal de Noël. Seulement en fond sonore dans le film mais entières dans le cd de la BO, 3 excellentes chansons qui nous (me) font regretter le temps de la brit-pop du milieu des années 90. Plus d'une demi-heure d'attente pour voir un bon film de 2h30, est-ce pardonnable ?
Je n'ai pas dormi, ou pas que. J'ai passé la matinée sur Mario Kart DS pour terminer le mode miroir et débloquer le dernier personnage jouable, ROB, le mythique robot de la NES, un accessoire qui servait à déplacer de petits objets avec son brasarticulé, donc à pas grand-chose. J'ai enfin gagné une partie online après deux championnats terminés à égalité contre des joueurs qui n'ont pas compris que la vie humaine n'est pas faite pour l'égalité et que comme il faut toujours un gagnant et des perdants, autant que je sois le gagnant. J'ai écouté le nouvel album de System of a down, Hypnotize, excellent, encore meilleur que leur précédent Mesmerize. Et donc, vu PP et Archange. Et écrit un article sur mon blog, toujours menacé d'abandon définitif mais en sursis pour quelque temps. Et c'est tout. Et c'est mieux que rien.
Pendant ce temps, je continue mon exploration des serveurs de Mario Kart DS. Les joueurs ne chôment pas, et certains ont déjà dépassé la cinquantaine de victoires. Mieux, Mario Kart semble éveiller la créativité des nintendophiles. Tous rivalisent de talent pour dessiner le plus bel emblême, utilisé pour montrer sa position durant la course. Outre le lapin de Donnie Darko déjà évoqué, on peut admirer des triforces (le symbole de Zelda) plus ou moins ressemblantes, mais aussi des Mario, des Link, ou plus modestement les initiales du joueur ou une représentation de son visage. La palme de l'emblême le plus osé revient sans doute au joueur ayant admirablement reproduit une croix gammée. S'est-il étonné de ma déconnexion quand je me suis retrouvé contre lui ?
Je me suis une nouvelle fois endetté sur trois générations et bravé le vent et le froid pour me taper une heure et demie de marche, mais surtout acheter Mario kart DS et un connecteur wi-fi USB pour profiter des fonctionnalités online du jeu.
Le jeu en lui-même est excellent, peut-être le meilleur de la série car le plus complet : 32 circuits, 12 personnages, le retour des sauts pour affiner le pilotage des karts, la possibilité de jouer aux modes multijoueurs contre l'ordinateur quand on n'a pas d'amis, un mode multi en réseau local jouable à 8. Mais surtout, la notice du jeu nous promet un mode multijoueurs online via le wi-fi jouable à 4. Et le plus fort, c'est que ça marche.
Le connecteur wi-fi s'installe correctement. Je gueule un peu pour la forme, Lepithec aussi à cause de problèmes de réseau, mais après 8-10 redémarrages (normal pour Windows XP), le PC finit par se connecter avec la DS, et vice-versa.
C'est parti pour gagner (ou perdre) contre les joueurs du monde entier. Le serveur cherche tout seul des concurrents. C'est un peu long, mais au moins, ça se met en place facilement. Seul défaut, je ne peux pas prévenir mes adversaires que je suis mauvais perdant et que je risque de couper la connexion en cours de jeu si je commence à perdre. Pas grave, je vais peut-être tomber sur des cibles faciles. Pas de bol, mon premier adversaire, un certain Mathy, venu d'on ne sait où, n'a pas l'air commode. Première provocation : son emblème (modifiable à l'envi dans les options) représente Frank, le lapin géant dans Donnie Darko, un de mes films cultes. Pour lui montrer que moi aussi je suis cinéphile, j'aurais dû dessiner le masque du Phantom of the Paradise, le meilleur film de Brian de Palma (eh non, c'est pas Scarface, loin de là).
Deuxième affront : il démarre la partie par un départ canon, chose que je n'avais toujours pas réussi à faire après trois heures de jeu. Et en plus, à la fin, il gagne. C'en est trop. Si la DS possède un bouton Off, ce n'est pas pour rien.
Ce mode de jeu révolutionnaire (pour une console portable, tout du moins) comporte un bémol important : l'impossibilité d'insulter ses adversaires ou de les ridiculiser en cas de victoire par une répartie bien sentie. C'est une partie de l'ambiance de Mario kart qui s'en va. On peut toujours gueuler tout seul devant sa console, mais ce n'est pas pareil. On ne peut qu'imaginer les têtes des concurrents américains, allemands ou autres et penser qu'eux font pareil de l'autre côté du globe. Quand on y pense, c'est tout de même émouvant. Merci, Nintendo, d'oeuvrer d'une si belle manière pour le rapprochement des peuples.
