Début avril, j'étais au resto avec des copains. Ils ont parlé couple, mariage, temps qui passe, bref tout ce qui fait la vie de personnes matures et équilibrées. Moi, pendant ce temps-là, je parlais de la Nintendo DS, la nouvelle console portable de Nintendo et de ses formidables possibilités en matière de sans fil qui permettent de dessiner des jolis Lapinot sur le logiciel de chat intégré et de les envoyer aux amis présents dans un rayon de 10 à 20 mètres. Tout ce qui fait la vie de pré-ados de 12 ans...
Il y a 2 jours, une copine m'envoie un SMS pour me dire qu'elle vient d'être admise au concours d'inspecteur du Trésor Public. Elle va donc devenir fonctionnaire de catégorie A (la plus haute), avoir des responsabilités et le salaire qui va avec.
Le rapport entre ces deux faits? J'ai 22 ans, et parfois l'impression de n'avoir pas évolué mentalement depuis mes 15 ans. J'ai pourtant une maîtrise, un diplôme Bac+4 donc, ce qui devrait faire de moi quelqu'un de mature et d'intelligent. Malgré cela, je n'ai actuellement ni travail ni copine, et j'ai peur que ça ne dure pendant encore très longtemps. A la place, je passe mes journées à jouer à la Gamecube (et à la DS, pour ceux qui suivent), à traîner devant la télé et à regarder le temps passer. Certes, les amis dont j'ai parlé plus haut ont quelques années de plus que moi, mais où en serai-je à leur âge? Aurai-je changé en un quelconque point?
Ce matin, je me suis levé (involontairement) à 7 heures. Je pourrais chercher du travail, m'inscrire à des concours, faire quelque chose de ma vie. Mais ma flemingite aigüe reprend le dessus, les consoles de jeux vidéo m'appellent et c'est si reposant pour le cerveau de regarder La ferme célébrités sur TF1...
Qu'est-ce que tout cela? De la paresse? De l'immaturité? Un sentiment d'impuissance doublé d'un manque de volonté? Je ne sais pas trop, et je m'en fous. Car pour une fois, c'est décidé, je vais faire quelque chose de ma journée. Vade retro misérabilisme! Je vais mettre un album des Chemical Brothers à fond pour bien me réveiller et faire quelque chose d'utile. Ah non, mon colocataire dort encore, je vais le réveiller si je mets de la musique. Bon, je vais me recoucher...
Il y a beaucoup de choses dans ma vie que je regrette : actes et paroles envers certaines personnes du sexe opposé, choix, apparence publique, attitudes, etc...
Mais s'il y a une chose que je ne regrette pas, c'est d'être allé au cinéma ce matin voir Star wars épisode 3. J'avais de grosses appréhensions après avoir revu les épisodes 1 (très peu d'intérêt) et 2 (plusieurs passages d'un ennui abyssal). Et par pur principe, je n'avais pas envie de faire comme tout le monde.
Mais au final, sûrement comme beaucoup de monde, j'ai été bluffé. Vraiment. Visuellement plus brillant que jamais, des combats au sabre laser très spectaculaires, et la psychologie du personnage principal (Anakin Skywalker, pour les eskimos qui viennent d'immigrer) est plutôt bien étudiée. Et on passera sur les petites longueurs et maladresses. Mais le mieux, ou au moins le plus drôle, ce sont les dialogues, dignes des pires scénarios de Luc Besson. La liste est longue, mais voici déjà mon préféré :
-Anakin, j'ai une merveilleuse nouvelle à t'annoncer : je suis enceinte.
-Mais... c'est une merveilleuse nouvelle!
Donc si vous hésitez à aller le voir comme moi au début, n'hésitez plus, vous ne le regretterez pas! D'autant plus qu'il n'y en aura plus d'autre à voir au ciné. Ah bah si, je prédis que vous ressortirez votre portefeuille en 2007 pour aller voir l'épisode 4 que tonton Georges est en train de refaire totalement en images de synthèse.
Et comme je m'étais dit qu'aujourd'hui, je voulais être original, je vais aussi parler d'un film que j'ai vu il y a longtemps mais qui m'avait laissé de très bons souvenirs, et qui va à l'opposé du concept Star wars : Mon oncle d'Amérique, de Alain Resnais, sorti en 1980 (avec entre autres Gérard Depardieu et Nicole Garcia).
Mon oncle d'Amérique raconte les vies entremêlées et les déboires sentimentaux de trois personnages plus ou moins vieux (plus vieux que Anakin Skywalker, en tout cas). Ce récit est entrecoupé d'interventions d'Henri Laborit, un chercheur spécialisé dans le comportement animal, qui nous explique que notre comportement en société est très proche de celui des rats. Il nous fait même une révélation sur le but non avoué du cerveau humain! A voir pour savoir laquelle... Bien sûr, ce film ne comprend ni effets spéciaux ni acteurs hollywoodiens, mais est passionnant (d'après ce que je me souviens) pour qui s'intéresse à nous autres humains et à eux autres rats...
Voilà, c'était la critique de film alter-star wars du jour. Allez, si vous n'aimez pas les films français, je vous autorise à voir Spider-Man 2 de Sam Raimi, autre grand film auscultant les rapports entre humains des deux sexes... Petits veinards, va.
A bientôt,
Hachène

