Everybody's got to live their life... Le blog de HachÚne

 

Babylon Studio

Résumé des épisodes précedents :

 

Brad, qui vient de se marier avec Jessica, apprend par son vieil ami John que Jennifer, avec qui il avait eu une aventure sans en parler à Jessica, attend un enfant de lui. Doit-il en parler à sa femme au risque de briser leur union? Doit-il retourner vers Jennifer au nom de cet enfant qu'il n'a pas voulu mais dont il devra en assumer la responsabilité? Brandon, le frère de John, lui conseille de tout laisser tomber et de venir s'installer dans son ranch au Texas, où il pourra refaire sa vie en total anonymat. C'est alors que Debby, la cousine de Jessica, revient d'un voyage en Chine et est bien décidée à conquérir John, dont elle est amoureuse depuis la maternelle. John, lui, commence à ressentir envers Brad autre chose que de l'amitié...

 

Pendant ce temps, Hachène, âgé de 23 ans et habitant aux abords du panneau indiquant la ville de Poitiers, végète dans son appartement depuis bientôt un an. Il pensait que sa maîtrise d'Administration Publique lui ouvrirait dans la seconde même les portes du merveilleux monde du fonctionnariat, mais la réalité s'est avérée autrement plus dure. En attendant de passer des concours administratifs, il essaie de prendre une autre direction en écrivant des scénarios de bande dessinée. Mais le peu de travail qu'il a effectué jusqu'à présent s'est révélé infructueux. C'est alors qu'il a l'idée follement originale de raconter sa vie par l'intermédiaire d'un blog...

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Mercredi 29 juin 2005

Présentation : Nouvelle à but divertissant écrite en janvier 2004 et publiée en juin 2004 dans le magazine de BD amateur Dérapages.

 

 

On en avait marre de foirer tous les concours de bande dessinée auxquels on participait chaque année. Ce n’est pas qu’on n’aime pas perdre, mais on aime bien gagner aussi. Il faut croire que moi et mon camarade dessinateur, on ne s’y prenait jamais comme il fallait, puisqu’on gagnait à chaque fois non pas un prix mais le droit de réessayer l’année suivante. Certes, on n’a que 21 ans mais on aimerait bien gagner quelque chose avant d’avoir 70 ans.

 

C’est pourquoi à l’occasion du concours de bande dessinée de Besançon de 2003 ayant pour thème « Le temps », on voulait frapper un grand coup. Alors comment faire ? Si nous voulions connaître un jour la fortune et la gloire, je me devais de trouver une méthode imparable qui nous apporterait la victoire. Un beau jour d’avril 2003, je la trouvai.

 

-Une machine à voyager dans le temps ?, me demanda, incrédule, Victor, mon fidèle dessinateur.

-Exactement. C’est pas compliqué : on construit une machine à remonter le temps, on voyage dans le futur jusqu’à la remise des prix et on profite de la cérémonie pour subtiliser l’idée de la personne qui aura gagné le premier prix. Et c’est nous qui gagnerons à sa place.

-Arrête, tu me donnes déjà mal à la tête. J’ai à peu près compris l’idée, mais si on utilise le même scénario, le jury va se retrouver avec deux histoires identiques. Pourquoi il choisirait notre planche plutôt que la deuxième ?

-Parce qu’on est avantagés : on sait quelle idée va gagner. J’améliorerai l’histoire et toi tu soigneras le dessin et à nous la victoire !

-Bon, si tu veux, c’est toi le scénariste, Séb. Après tout, c’est toujours mieux que ton histoire de lapins. Et on la fait comment, cette machine à remonter le temps ?

 

Les détails techniques importent peu. On est au 21ème siècle ou pas? Il fallait bien que les milliers d’années d’évolution qui nous ont conduits dans notre beau monde moderne servent à quelque chose. Après le feu, l’imprimerie et la Star academy, nous décidâmes que la prochaine grande découverte humaine serait la machine à remonter le temps.

 

Nous devions passer inaperçus pour éviter les paradoxes temporels, c’est-à-dire bouleverser le cours normal du temps et risquer la fin du monde. Pour plus de détails, regarder Retour vers le futur. Nous ne pouvions ainsi pas nous permettre de nous faire remarquer en donnant à notre machine la forme du vaisseau spatial du Predator ou même d’une DeLorean. Nous nous sommes donc retrouvés dans le futur en octobre 2003 et à Besançon grâce à une machine à remonter le temps maquillée en 4L. Pour que vous vous fassiez une petite idée du contexte, le futur, c’est comme le présent sauf que c’est le futur, c’est juste une question de calendrier.

 

Quand on est entrés dans la salle, la cérémonie était déjà presque terminée, les premières machines à remonter le temps ne sont jamais très précises. Les prix étaient déjà distribués et les invités étaient groupés autour du buffet. Peu importe, tout ce qu’on avait à faire, c’était recopier la planche et repartir dans le présent, ou plutôt le passé.

 

-J’ai rien compris, c’est quoi l’histoire ? dit Victor en lisant la bande dessinée lauréate affichée sur un grand tableau.

-C’est une BD symétrique., crânai-je en étalant le que peu de connaissances que j’ai en bande dessinée. La fin est l’inverse du début. Déjà fait dans Nogegon de Schuitten et Peeters. De toute façon, les jurys de concours choisissent toujours les histoires les plus fumeuses. J’ai fini de recopier, on peut y aller.

-Eh, t’as vu le nom du gagnant ? C’est une gagnante ! Pauline Argant, 22 ans ! C’est une nana qui a gagné le premier prix ! Les filles ne font pas de BD, d’habitude ! Le ménage et la cuisine, d’accord, mais la bande dessinée, c’est fait par les mecs !

-On s’en fout puisqu’on va gagner à sa place. Viens, on se casse, lui dis-je à voix basse pour que personne ne puisse prendre connaissance de notre plan machiavélique.

-Qu’est-ce que vous avez contre les filles qui font de la BD ?

 

Quelqu’un avait entendu les propos sexistes de Victor. Bien entendu, c’était une fille, et une très jolie en plus. Elle devait mesurer environ 1,70m,elle avait de longs cheveux châtains qu’elle laissait retomber sur ses épaules et elle portait une sympathique robe verte. Elle nous regardait avec un sourire provoquant sur le visage et semblait sûre d’elle. Je devais absolument lui répondre. Comprenez-moi, j’ai une malédiction : chaque fois que je vois une fille un tant soit peu mignonne, je ne peux pas m’empêcher d’essayer de la draguer. Si au moins je rencontrais que des moches, je mettrais fin à cette habitude mais non, je tombe constamment sur des jolies filles.

 

-Moi, j’ai rien contre, répondis-je. Au contraire, je trouve que c’est bien que les filles fassent de la BD, ça leur apprend à faire autre chose que la vaisselle !

J’avais malheureusement oublié qu’en mode drague, mon cerveau avait tendance à sortir involontairement beaucoup de blagues foireuses.

-Et vous, pourquoi vous êtes venus ici ?, rétorqua-t-elle. Vous vous êtes perdus sur le chemin du club des misogynes anonymes ?

-Mais non, je plaisantais, dis-je pour essayer de rattraper le coup. Et…euh… t’as participé au concours ?

-Oui, j’ai envoyé une planche.

-Et…t’as gagné un prix ?

-Oui, le premier prix.

-Ah… C’est toi Pauline ? Euh… félicitations, c’est super.

-Merci. Pas mal pour une fille hein ?

-Excuse-moi, je voulais pas te vexer tout à l’heure. Je peux te payer un verre en compensation ?

-Pas la peine, le buffet est gratuit, me dit-elle en souriant.

Je m’enfonçais de plus en plus, il était vraiment temps de partir.

-Et vous, vous avez participé ?, enchaîna-t-elle.

Je décidai tout de même de m’amuser un peu avec elle.

-En fait on en a fait deux., lui dis-je pour essayer de l’impressionner. Une parlait d’un canard qui inverse le temps pour nager à l’envers en faisant NIOC NIOC et l’autre traitait d’un scénariste et d’un dessinateur qui partent dans le futur pour voler l’idée du premier prix pour que ce soit eux qui le gagnent. Alors, qu’est-ce que t’en penses ?

-La première histoire est nulle. La deuxième est amusante, mais vous n’aviez aucune chance pour que ça marche.

-Ah bon, pourquoi ?

 

J’étais en train de me faire embobiner par cette fille, aussi jolie soit-elle. Et maintenant, j’étais seul avec elle. Mon dessinateur, ne comprenant plus grand-chose à ces histoires temporelles, s’était dirigé vers le buffet.

 

-Enfin, ça dépend de la fin. T’avais trouvé quoi ?

Etant donné que je n’avais fini aucun de ces scénarios, je n’avais plus qu’à improviser une fin bidon.

-Euh… alors… à la fin ils créent un paradoxe temporel en rencontrant leurs doubles qui ont gagné le concours en voyageant dans le futur pour piquer l’idée du premier prix. Et l’univers explose.

-Mouais… Ca sent le déjà-vu. Et puis c’est peu crédible. Réfléchis un peu : si en arrivant, la planche gagnante n’est pas la vôtre, ça voudra dire que vos efforts n’auront servi à rien puisqu’au final, ça sera quand même quelqu’un d’autre qui aura gagné.

 

Elle était en train de m’expliquer mon scénario ! Et en plus, elle avait raison ! Si on avait gagné, on aurait dû voir notre planche. Quoique…pas si on considère que le futur où on se trouve actuellement sera effacé au profit d’un autre futur où on aura gagné ! Oui, c’est ça ! Le futur n’est pas écrit définitivement, on peut le modifier en agissant dans le présent. C’est élémentaire. Elle avait tort ! On pouvait repartir tout de suite.

 

-Si tu le dis…, articulai-je négligemment pour ne pas la vexer. Bon, il faut qu’on y aille. A plus alors.

 

Je la quittai rapidement et allai chercher Victor pour repartir dans notre cher passé. Nous retournâmes sans encombres en mai 2003, même si la voiture rendit l’âme sous le choc du voyage de retour.

 

On pouvait maintenant exécuter la phase finale de notre plan. On a donc amélioré l’idée de Pauline et refait les dessins. Victor avait même fini ses dessins en avance, fait très inhabituel pour un dessinateur. La date limite d’envoi était fixée au 20 juin 2003, notre planche était envoyée le 19 juin. Puis on a attendu.

Pendant cette période qui me paraissait un peu longue, je me suis mis à réfléchir. Tout cela me semblait quand même un peu trop facile. Un jour d’août, je suis retombé par hasard sur la feuille sur laquelle j’avais recopié la planche de Pauline. Et là, j’ai compris qu’elle m’avait bien arnaqué.

 

Sur cette feuille, son scénario de bande dessinée symétrique avait été remplacé par une histoire de mouches qui volent à l’envers en faisant ZZB ZZB. Qu’est-ce que tout cela signifiait ? Je ne vis qu’une seule explication : elle avait compris que j’avais concrétisé mon idée de machine à remonter le temps et que j’allais gagner à sa place. Elle avait alors appliqué ma recette à la lettre : elle avait construit à son tour une machine et était retournée dans la passé, en juin. Elle avait ensuite envoyé au jury du concours une planche inspirée de mon histoire de canards.

 

Avec ses améliorations et son style de dessin, il était fort probable que sa nouvelle planche était meilleure que sa précédente, celle sur la symétrie. Elle était par conséquent quasiment sûre de remporter le premier prix. Elle avait encore gagné, et moi j’avais encore perdu. Ceux qui disent que les femmes sont moins intelligentes que les hommes sont champions du monde du mensonge.

 

C’en était trop. Je décidai d’aller m’expliquer une bonne fois pour toutes avec cette fille. La machine à remonter le temps étant hors service, j’ai voyagé dans le temps et l’espace grâce à la méthode habituelle, c’est-à-dire en attendant 2 mois et en prenant le train pour Besançon. J’y ai pu vérifier la véracité de mes suppositions. C’était bien elle qui avait gagné le premier prix grâce à mon idée. Je me suis dirigé vers elle, fermement décidé à venger mon orgueil blessé et à lui faire expier ses crimes. En me voyant, elle me reconnut et me fit son plus beau sourire.

 

Je me rends maintenant compte que gagner ou perdre un concours n’a pas grande importance. En réalité, qu’est-ce qui décide de la qualité d’une bande dessinée ou de toute œuvre d’art ? Suffit-il d’avoir une bonne idée ou d’améliorer une mauvaise et d’accorder la forme avec le fond? De surcroît, les planches choisies par les jurys sont-elles réellement de qualité ?

 

Finalement, je n’ai rien pu reprocher à Pauline. A la place, je suis sorti avec elle. Certes, elle m’a largué au bout d’une semaine, mais ce qui compte, c’est le fait, pas la durée, non ?

 

FIN

 

 

 

par Hachène publié dans : Nouvelles
Samedi 25 juin 2005

Moi versus les gens qui sonnent à la porte, le retour...

Jeudi soir, la sonnette retentit et mon coloc va ouvrir. Il revient quelques dizaines de secondes plus tard en disant que c'est pour moi. Je me retrouve alors face à un représentant de France Loisirs, qui me demande si je reçois toujours leur catalogue. Je ne sais pas trop comment il a fait pour savoir que je suis abonné depuis deux ans mais que je n'ai pas notifié mon changement d'adresse quand j'ai déménagé l'an dernier. Je suppose qu'il a dit ça au pif.

 

Je lui fais part de ce fait et le voilà qui me tend son catalogue en voulant me le présenter. Je tente de lui dire que je sais comment est fait un catalogue en général et un catalogue de France Loisirs en particulier. Tenant visiblement à faire son travail, mon visiteur continue et m'énumère les rubriques de ce catalogue. Puis il me dit que la carte que j'ai obtenue est périmée et que je dois en prendre une autre. Incrédule, j'essaie de lui tirer les vers du nez en lui demandant des détails. A aucun moment il ne me dira qu'il n'est marqué nulle part que la carte possède une date limite d'utilisation et que si j'en prends une nouvelle, je suis reparti pour deux ans sans possibilité de me désabonner.

 

Passablement agacé par son discours assez peu spontané, j'accepte de lui prendre sa carte. Après tout, j'ai déjà pu me constituer grâce à France Loisirs la collection des XIII (incomplète, certes) à pas trop cher, et je comptais continuer avec la série des Largo Winch. En tout cas, ceux qui ont lu mon article sur le vendeur de peluches comprendront que je suis une cible facile pour les démarcheurs en tous genres. Il repart alors dans des explications inutiles : la carte est gratuite (encore heureux!), valable pour 2 ans (oui oui je sais), et que si on n'achète pas un bouquin par trimestre, on recevra la sélection du trimestre, le plus souvent un ouvrage inutile.

 

Pour me rallier définitivement à sa cause, il tente de parler mangas après avoir remarqué mon store du Voyage de Chihiro sur le mur. Esbrouffe verbale ou réel intérêt pour le sujet? Ne sachant pas vraiment mais soupçonnant l'artifice pour sympathiser avec moi, je converse avec lui comme je peux à l'aide de "oui, j'aime bien les mangas" et autres "mon coloc aussi il aime bien" en attendant la fin de la procédure de délivrance de la carte. Parler pour parler, pour quoi faire? Bon si, je vois vaguement l'utilité de cette pratique, mais faire semblant de s'intéresser à n'importe quoi, très peu pour moi. Peut-être ce VRP était-il sincère. Ou pas.

 

Avant de partir, il me demande si ça m'intéresserait de faire le même travail que lui, démarcher les gens pour leur vendre des abonnements. Sans réfléchir, je lui dis que cela me plairait, à la limite, puis après y avoir pensé cinq secondes, je lui réponds que finalement, ce n'est pas mon truc. Aller rencontrer des gens, pourquoi pas, mais les baratiner pour leur vendre des abonnements dont ils n'ont pas envie, pas question. Pas question non plus de mentir par omission en leur présentant un système parfait avantageux pour tous et proposant des livres pas chers. Pour les bandes dessinées, c'est vrai, pour peu qu'on accepte de posséder des éditions différentes de celles du commerce, mais les romans coûtent sensiblement le même prix qu'en magasin. Alors pourquoi s'abonner à ce genre de système, si ce n'est pour faire plaisir au démarcheur? On a les principes qu'on peut...

 

 

 

Jeudi 23 juin 2005

Roselyne Bachelot avait raison : dans cent ans, l'été de la canicule nous apparaîtra comme un été frais. Alors, en attendant de mourir d'un quelconque dérèglement climatique, que fait-on? Fort heureusement, les pouvoirs publics avaient pensé à tout et nous avaient préparé une somptueuse soirée pour la fête de la musique.

 

Hésitant à me rendre au centre ville en quête d'un concert ou d'une animation qui vaille le coup, je fus dissuadé par deux camarades qui m'assurèrent qu'il ne se passait jamais rien et qu'on pouvait tout aussi bien rester à l'appart. Qu'à cela ne tienne, nous entamâmes la soirée en buvant des bières et en regardant France 2, sur laquelle se déroulait devant nos yeux ébahis un sublime concert. Kyo, Lorie, Shakira, Yannick Noah, Chimène Badi, Coolio, ils étaient tous là pour nous rappeler que les Français (moi y compris, probablement) ont parfois des goûts musicaux étranges. C'est sûrement une question de majorité...

 

Après le passage d'Etienne Daho, nous éteignîmes la télé pour regarder le dvd de Amityville (1979). Nous fîmes une pause une demi-heure plus tard pour ne pas louper le plus beau : la fameuse surprise que Daniela Lumbroso nous avait promise au début du concert de France 2 par le truchement d'un compte à rebours incrusté en gros sur l'écran. A la fin du compte à rebours, rien ne se passe. Daniela meuble comme elle peut pendant plusieurs minutes en répétant que Versailles c'est vraiment beau et qu'on a beaucoup de chance d'assister à un concert à cet endroit.

 

Puis vient enfin l'énorme surprise tant attendue. Un feu d'artifice. Ou comment je me fais prendre à chaque fois aux subterfuges des animateurs pour nous faire rester devant leur émission. Je jurai, mais un peu tard, qu'on ne m'y prendrait plus.

 

Nous fûmes rejoints par deux autres camarades qui venaient du centre ville et qui nous confirmèrent qu'il y avait beaucoup trop de monde et trop peu de bons concerts. Pas grave, nous avons fini la soirée devant Amityville et des verres de tequila. Ça aurait pu être pire... Passer une soirée sympa avec des bons copains, que demander de plus? Note pour plus tard : se rendre compte qu'on passe un bon moment dès l'instant présent, pas deux jours plus tard...

 

Il y a quelques heures, pour lutter activement contre la canicule, mon coloc et moi sommes allés acheter des ventilateurs. Quelques minutes après mis le mien en route, je me suis rappelé qu'une exposition prolongée à ce genre d'appareils me donnait des migraines et que dès qu'on l'éteint, on a l'impression que l'air est deux fois plus chaud qu'avant. Je ne parle même pas des chauds et froids. Mourir de la chaleur ou d'un rhume du cerveau, j'ai fait mon choix...

Lundi 20 juin 2005

De l'utilité du langage, deuxième partie...

En vadrouille hier matin sur le marché de la petite ville où mes parents habitent, je rencontrai une copine que je n'avais pas vue depuis quelques mois. Je me fis une priorité de prendre de ses nouvelles.

-Alors, quoi de neuf?

-J'ai fini mon BTS et j'attends les résultats. Et toi, tu fais quoi?

-Rien, je glande toujours à Poitiers.

-Eh ben, c'est pas en restant chez toi qu'il t'arrivera quelque chose! T'as rien de nouveau à raconter depuis la dernière fois!?!

C'est étrange comme je me vexe quand on me dit ce genre de choses alors que je suis le premier à me dévaloriser habituellement. J'aurais pu tenter de lui expliquer que glander, ce n'est qu'un mot pour résumer grossièrement ma vie actuelle et que je ne passe évidemment pas 24 heures sur 24 à errer dans le néant total. J'aurais pu lui dire que j'ai du mal à gérer mon temps et que j'ai toujours l'impression de faire moins de choses que les autres dans le même laps de temps. Ou j'aurais pu lui raconter que je fais un peu exprès de dire ça aux gens, que c'est une certaine forme d'humour, un peu tordue certes. Bref, je me serais encore retrouvé à essayer de me justifier sur mes choix de vie, et cela m'est à chaque fois assez pénible.

Alors que dire, que faire? Le challenge du moment sera de vous faire croire, frères humains qui avec moi vivez, que ma vie est intéressante et utile. Mon esprit échauffé par l'air ambiant me fait penser que toute vie humaine est futile et inintéressante et que par conséquent, quelqu'un qui parvient à passionner avec des anecdotes personnelles est soit en train de romancer, soit en train de mentir plus ou moins...

La phrase à deux balles du jour : le plus important n'est pas ce que l'on fait ou ce que l'on est, mais ce que les autres croient que l'on fait ou que l'on est...

Samedi 18 juin 2005

Qu'est-ce qui est le plus important, la quantité ou la qualité? Peut-on faire les deux à la fois?
A un ami qui me demandait pourquoi je n'écrivais pas d'articles plus souvent, je répondis que je ne postais de messages que quand j'avais quelque chose d'intéressant à dire. Et lui de rétorquer que mes articles précédents ne sont pas si intéressants que cela... Grâce à cette remarque, j'enfonce une porte ouverte en me rendant compte qu'il est plus difficile d'intéresser des gens en parlant (ou écrivant) pour ne rien dire que de raconter des choses qui ont un sens et un intérêt pour soi.

J'ai trouvé mon maître en la matière lors de mes fabuleuses après-midi télévisuelles en la personne de Pierre Bellemare. Il s'emploie dans son émission, tous les jours vers 14h00 sur France 3, à faire d'un fait divers banal un évènement incroyable.

Un exemple : une jeune française veut se suicider. Après avoir pris une dose massive de médicaments et s'être tranché les poignets, elle appelle un ami aux Etats-Unis pour lui dire adieu. Celui-ci appelle une de ses amies en Suisse, qui appelle la police en France. La police vient secourir la jeune fille qui reprend goût à la vie. Fin. A partir de ce matériau plutôt ordinaire bien que pas très marrant, Pierre Bellemare nous fait un grand récit dramatique à grands coups de "sa vie ne tenait qu'à un fil", et de "un incroyable drame se prépare". Comment durer 20 minutes avec un fait divers qui prendrait 15 lignes dans un journal...

De toute façon, tout est relatif, ce qui paraît inintéressant pour certains pour certains peut avoir de l'importance pour d'autres. Si ça, ce n'est pas écrire pour ne rien dire...

 

 

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