A 18 heures, Star Academy. Pas grand-chose à reprocher, finalement. La politique de TF1 en matière de quotas fonctionne bien. On ne comprend pas tout quand Ely (la canadienne) parle, Maud (la blonde lolita) imite très bien Vanessa Paradis, et tout le monde commence à critiquer Pascal (le vieux), 37 ans alors que les autres ont 17 ans en moyenne. Bref, rien que n'ait déjà prévu la chaîne.
19 heures : A prendre ou à laisser. Arthur fait toujours semblant de s'intéresser à des gens à qui on offre une fois dans leur vie la possibilité de gagner ce qu'Arthur touche tous les mois. Hier, une jeune fille qui rêvait de rejoindre son père au Canada. Et qui est fan de Jean-Jacques Goldman. Nous avons donc eu droit pendant toute l'émission au répertoire du chanteur, pas du goût de tout le monde mais forcément plus facile à passer à la télé que du Queens of the stone age. Elle est finalement repartie en pleurant de joie avec 30000 euros. Elle aurait peut-être moins pleuré, ou pas de joie, si on lui avait dit que la moitié de son gain part chez un téléspectateur, ce qui fait qu'elle ne gagne réellement que 15000 euros.
Le meilleur fut pour la fin de la soirée, avec le retour des grands Bataille et Fontaine pour Y'a que la vérité qui compte. Ouf, ils n'ont toujours pas ouvert un dictionnaire pour voir la vraie définition du mot vérité. Sinon, nous n'aurions pas pu assister à la prestation magique d'un jeune bellâtre venu reconquérir son ex-copine, qu'il avait pourtant déjà larguée deux fois. Ne doutant de rien, il a déclamé, les yeux humides, à la France entière ou presque, qu'après la rupture, il avait croisé d'autres filles parce que "les gens rencontrent toujours beaucoup de monde" (sic), mais qu'il pensait toujours à la fille derrière le rideau. Il voulait qu'elle soit la maman de ses enfants et qu'elle écoute "qu'est-ce qu'il a à lui dire".
La jeune femme, raisonnable, ne prit pas la peine d'ouvrir le rideau et le bellâtre en fut quitte pour se couvrir de ridicule devant quelques millions de téléspectateurs. Ce qui n'est pas si grave puisque tout le monde l'aura oublié dans 3 jours.
TF1 a au moins le mérite d'avoir accompli sa mission : mon cerveau est entièrement disponible pour absorber ces émissions involontairement comiques et pour en parler ici. Bravo.
Mes petites habitudes de chômeur longue durée (déjà un an) ne m'ont pas préparé à la dure réalité du mois de septembre. Vendredi après-midi, en trainant au centre ville de Poitiers, les questions m'assaillent. Qui sont tous ces jeunes qui déambulent dans la rue ? Pourquoi n'y a-t-il plus de touristes ? Pourquoi y a-t-il des embouteillages après 16 heures ? La réponse arriva, simple et directe : c'est la rentrée. Une notion floue pour un chômeur, mais pas pour tous les étudiants qui reprennent les cours demain. D'ailleurs, ne devais-je pas en redevenir un cette année ? Impératif du moment, retrouver le chemin de l'IPAG (Institut de Préparation à l'Administration Générale) pour me renseigner sur la date de rentrée. Après, trouver le courage de suivre les cours et de passer les cours. Etudiant ou chômeur, il faut choisir.
Ce fut donc en traînant les pieds, en baillant comme dans Shaun of the dead (ceux qui ont vu le film comprendront) et en arborant de ravissantes valises sous les yeux que je me rendis dans deux célèbres banques dans le but d'ouvrir un compte pour l'association Babylon Studio.
Les banques rivalisent toujours les unes avec les autres et proposent monts et merveilles aux particuliers er autres étudiants quand il s'agit d'ouvrir un compte. Je pensais et espérais qu'il en serait de même pour un compte associatif. Hélas, on m'apprit que quelle soit la banque, un compte associatif, c'est un compte courant, un chéquier, point barre.
Je repartis donc en traînant des pieds, etc. en sachant immédiatement quelle banque choisir. Ce soir, je pourrai au moins dormir sur mes deux oreilles.
La matinée fut chargée. Lever 06h30, une petite demi-heure d'Animal Crossing sur Gamecube pour ne pas réveiller trop brusquement mon cerveau, douche, puis direction la clinique pour un pack électrocardiogramme-prise de tension-prise de sang. J'arrive à 07h30 et poiraute jusqu'à 08h15. Durant ces trois quarts d'heure, malaise : j'avais rendez-vous à 09h30 à l'IRFREP (un institut de formation professionnelle) pour une réunion d'information sur un dispositif de recherche d'emploi que m'avait refourgué un conseiller de l'ANPE. Pendant l'attente des examens, je sue à grosses gouttes : réussirai-je à être à l'heure à l'IRFREP?
A 08h38, je sors en courant de la clinique sans avoir pu prendre de petit déjeuner, pourtant un des grands avantages du test de médicament. J'improvise un footing en jean et T-shirt jusqu'à l'appartement, attrape ma sacoche et continue ma course jusqu'à l'arrêt de bus. Là, le soulagement : je n'ai attendu le bus que 2 minutes et suis arrivé à l'IRFREP avec 20 minutes d'avance. Ma manie d'arriver à l'heure me perdra. J'aime à penser qu'être à l'heure aux rendez-vous fixés par les gens constitue une forme de respect, mais quelle importance sur les terres du fameux quart d'heure de retard poitevin ?
En bref, vingt minutes d'avance pour dire à la fin de la réunion à la conseillère ANPE que ce dispositif de 3 mois ne m'intéresse pas. Parce que je n'aurai pas le temps de bosser les concours administratifs, assurer mes fonctions de trésorier et membre de l'association Babylon Studio (www.babylon-studio.com) et venir 2 jours par semaine à l'IRFREP en même temps. Décidément, j'ai des problèmes avec le temps.
Cette fois, c'est dit, puisque c'est la rentrée, synonyme de reprise d'activité cérébrale pour beaucoup de monde, je posterai au moins un message tous les deux jours à partir d'aujourd'hui. Même si je n'ai rien à dire, ce qui sera probablement le cas la plupart du temps. Un voeu pieux ?
Pour fêter la fin des vacances, j'ai retrouvé le chemin de la clinique pour un nouveau test rémunéré. Contre la promesse d'une somme relativement importante, j'ai ingurgité pendant deux jours des médicaments contre le paludisme puis subi de multiples prises de sang et autres examens dans le but d'évaluer l'efficacité du traitement. Résultat : pendant 5 jours, un état physique et mental proche de celui d'un zombie.
Vendredi matin, jour de la rentrée des classes, sur le chemin de la clinique pour une autre prise de sang, je passe, avec une sacoche en bandoulière, devant une école à la Gibauderie . Je croise un gamin et sa mère. Le gamin : "lui aussi il va à l'école?". J'aurais bien aimé lui dire que j'avais déjà assez donné et qu'il était temps pour moi de passer la main aux nouvelles générations, mais il était déjà loin quand ce triste trait d'humour qui n'en est pas un m'est venu à l'esprit. Voilà ma promesse de parler de rien entièrement tenue.
Pour bien commencer la rentrée, je passai à Jardiland dans le but de m'acheter un rat, animal sociable et intelligent par excellence. Idéal pour penser de temps à temps à autre chose qu'à moi et mes petits et gros problèmes.
Moi à la vendeuse : "je veux une femelle"
La vendeuse, après avoir examiné la dizaine de rats en cage : "il n'y a que des mâles"
Après avoir usé la patience de la vendeuse qui devait trouver bizarre qu'on hésite pendant tant de temps à prendre un rat, me voilà de retour à l'appartement avec un petit rat mâle. Je pensais un premier temps à l'appeler Ash, en référence aux personnages de Evil dead et Avalon, puis mon choix se porta sur Dexter, en hommage au dessin animé Le laboratoire de Dexter, une de mes séries de prédilection. Sa première sortie fut mouvementée, puisqu'il ne trouva rien de mieux à faire qu'à explorer pendant un quart d'heure le dessous du canapé avec deux ou trois paires de mains à ses trousses. Il revint néanmoins sain et sauf dans sa cage des souvenirs plein la tête tandis que je me retrouvais avec de nouvelles responsabilités, aussi modestes puissent-elles être. Enfin un peu de changement dans ma vie. Ce n'est pas pour me déplaire.
